Histoire locale
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Mardi, 22 Mars 2011 20:09

La ville de Roncq est située à 4 km de la frontière franco-belge et à 17 km de Lille, au nord-ouest de la Communauté Urbaine. On parle pour la première fois de Roncq en 1055 lorsqu’un certain Roncquart de Roncq rejoint les troupes du roi de France Henri Ier dans son combat contre les Saxons.  Mais le plus ancien document où figure le nom de Roncq date du début du XIIème siècle.
 
En 1884, Roncq dépasse les 5000 habitants et est administrativement qualifié de ville. A cette époque, la commune se distribue déjà en deux pôles distincts matérialisés par les deux églises, Saint-Piat dans le Centre-Bourg et Saint-Roch au Blanc-Four. Au XIXème siècle, Roncq va passer d’une activité agricole à une activité industrielle et faire l’objet d’une immigration importante, essentiellement belge. Le nombre d’étrangers belges est alors supérieur au nombre des Roncquois. La culture du lin fut à l’origine de plusieurs activités (filatures de lin, tissages de draps et de toiles…) aujourd’hui disparues. Ces activités ont laissé de nombreuses traces dans l’urbanisation, le patrimoine et l’architecture de la ville. L’arrivée de l’autoroute urbaine A22 a provoqué depuis 1972 le développement de nouvelles activités comme le commerce, le transport, les industries de pointe et les services.   

Roncq a la chance de compter plusieurs châteaux et on a l’impression que le temps n’a pas eu de prise sur eux.
 
Les-TilleulsLe château des Tilleuls

Construite en 1859 par les Dupont, une famille de filateurs de lin, cette maison bourgeoise située au bas de la rue des Arts est acquise en 1903 par Désiré Leurent-Hassebrouck, industriel à Roncq.
La composition asymétrique de sa façade révèle l’histoire de l’évolution du bâtiment, dont l’extension est décidée en 1920 afin de répondre aux besoins de la famille Leurent, filateurs de lin à Roncq. Cette construction de type hôtel particulier est faite de briques de pierre sur ses trois niveaux. Propriété communale depuis 1976, le château dénommé les « tilleuls » en raison des deux tilleuls qui en signalaient l’entrée, est aujourd’hui l’hôtel de ville de Roncq et abrite une partie des services municipaux.

image: collection D. DELBECQUE
chateau-verhaegheLe château Verhaeghe

A quelques mètres du château des Tilleuls, s’élève le château Verhaeghe.

C’est en 1775 que Maître Jean-Baptiste Carton (1728-1809), censier des Caudreleux et greffier à Neuville-en-Ferrain, fait bâtir une résidence sur ce site. Par son mariage avec Louis-Joseph Desurmont (1768-1834), marchand-fabricant textile de Tourcoing, Marie-Anne, la fille du notaire, fait entrer la propriété dans le patrimoine de sa belle-famille.

En 1907, Jules Desurmont-Dumanoir (1838-1918) fait raser la vieille bâtisse de forme longue et sans étage de ses aïeux pour élever à sa place la propriété de style régionaliste que nous connaissons aujourd’hui.
annexe-mairie
Le château, racheté en 1922 par Joseph Verhaeghe, industriel cominois, est ravagé par les flammes en mai 1940 alors qu’il sert au cantonnement des soldats allemands. Restauré après la Libération, il est depuis 1974 propriété de la Ville de Roncq. Reconnaissant l’intérêt du bâtiment, la Direction Régionale des Affaires Culturelles a inscrit en juin 2002 une partie de son mobilier à l’inventaire du patrimoine historique dont la série de vitraux sur deux niveaux de la façade ouest.


Il est aujourd’hui l’Annexe-Mairie et abrite à ce titre divers services municipaux.

Les Anciennes Ecuries


Au début du XXème siècle, la propriété de Jules Desurmont-Dumanoir se dresse majestueusement sur un site de près de 3 hectares. Cette propriété comprend alors une maison de conciergerie (actuel site de la Caisse d’Epargne), une maison de jardinier (entre la Caisse d’Epargne et le commissariat de Police), une ferme (actuellement propriété privée rue de la Latte), un jardin d’agrément (site du parking public, maisons Duclos et résidence Edmond-Michelet), un verger et un potager (résidence du jardin potager).
A proximité de la pièce d’au, le propriétaire, grand amateur de chevaux, fit bâtir une écurie de luxe comprenant sellerie, bourrellerie et logement de cocher à l’étage.
En 2005, le bâtiment centenaire a fait l’objet d’un programme de requalification municipale. Les Anciennes Ecuries offrent aujourd’hui un cadre idéal aux réunions du Conseil Municipal et aux célébrations de mariages civils ainsi qu’aux grands événements culturels locaux et métropolitains.
Anciennes-Ecuries
Centre-culturel
Le château Tiberghien

En empruntant le parc derrière l’hôtel de ville, pour regagner celui appelé parc Vansteenkiste, on découvre le château Lagache rue de Lille, devenu ensuite le château Tiberghien, reconstruit à l’emplacement de ce dernier en 1910. Le nouveau propriétaire des lieux est Louis Tiberghien-Motte (1853-1923), industriel textile à Tourcoing.
Cette propriété de 6 hectares comprend alors un potager, un verger et un poulailler (site actuel de l’école publique maternelle Pauline-Kergomard), un court de tennis, une bergerie, une écurie, une glacière souterraine, un pigeonnier et une orangerie. Le parc qui possède des arbres pluri-centenaires est alors complètement remanié pour le mettre au goût du jour. Outre un petit bois, la propriété comprend aussi pâturages et labours. L’eau y a toute sa place avec une « rivière », une pièce d’eau où glissent pour le plaisir familial quelques barques à rames. La grande allée cavalière dénommée « la drève rouge » (actuelle avenue Alphonse-Loeul) ne compte pas moins de 159 tilleuls.
En 1946, la propriété Tiberghien est rachetée par la ville. L’ancien domaine seigneurial devient municipal. Le parc est ouvert au public à l’occasion des festivités du 14 juillet. Le château sert de mairie jusqu’en 1975 avant de devenir un centre culturel.
 
Le château Lamon

Non loin de là, toujours le long de la rue de Lille, le château Lamon construit en 1927, a été entièrement réhabilité pour devenir un immeuble d’habitations de standing.
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Le château du Blanc-Four


C’est le 4ème des châteaux de Roncq à avoir été repris par la ville, rue de Tourcoing au Blanc-Four. Il a été construit à la fin du 19ème siècle.
Les églises

Construite en style roman sur les plans de l’architecte tourquennois Charles Maillard (1821-1875), l’église Saint-Piat forme une croix dont le chœur flanqué d’un contrefort de chaque côté se termine en hémicycle aveugle.
Le bâtiment est constitué de trois nefs : une nef centrale et deux nefs collatérales.
Chaque nef est percée d’un ensemble de verrières : 6 fenêtres simples sur les bas côtés, 6 fenêtres doubles en haute nef.
Les vitraux des nefs ont fait l’objet d’une réinterprétation contemporaine par l’atelier Pierre Brouard à l’occasion de la restauration complète de l’édifice entre 2005 et 2008.
 
Saint-Roch, la deuxième église de Roncq, a été édifiée entre 1865 et 1897.
Elle correspond au besoin religieux de la population du Blanc-Four qui se sent de plus en plus éloignée de l’église Saint-Piat, alors unique église de la paroisse, mais aussi à la forte progression démographique de ce quartier dont la population quadruple d’un bout à l’autre du XIXème siècle. D
’inspiration néo-gothique, l’église Saint-Roch se compose de trois nefs, d’un faux transept et d’un chœur en chapelle absidiale. Entièrement restauré en 2008, le bâtiment au clocher inachevé, est composé de pierres et de briques aux deux tons, violine et orange. L’église Saint-Roch compte un très bel ensemble de verrières entièrement rénovées et un vitrail « Saint-Roch et son chien » créé en 2007 pour la tour centrale.
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La-Colombe












collection D. DELBECQUE
La Maison de retraite « La colombe »

L’ancien hospice situé au 1 rue des frères Bonduel a été construit en 1858 et réhabilité par le Conseil Général à la fin des années 1980 dans le cadre d’un plan d’humanisation. Une unité Alzheimer de 12 lits a été ouverte en juin 2009 à l’arrière de l’établissement.
 
La bourloire Saint-Louis


Sur ce site situé derrière la Maison paroissiale de la rue des Arts, s’élevait la première école de filles de Roncq construite en 1847 et dirigée par les sœurs de la Congrégation de la Providence d’Avesnes. En 1912, à la suite du transfert de l’école rue de la Latte, les locaux sont récupérés pour les sociétés paroissiales, le bâtiment principal prend le nom de Cercle Saint-Louis. De cet ensemble, démoli en 2003 pour construire un immeuble d’habitation, il ne reste que la piste de l’ancienne bourloire datant de 1913. Un nouveau bâtiment répondant aux normes HQE a été spécialement édifié pour abriter la piste d’origine, de forme incurvée et composée d’un mélange de bouse de vache, de ciment et de paille.
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Gare
collection D. DELBECQUE
 
La gare de Roncq

Ouverte en 1879, au lieu-dit La Vallée entre le Centre-Bourg et le Blanc-Four, elle est l’une des stations sur la ligne de chemin de fer reliant Tourcoing à Halluin et Menin. La gare souffrira des bombardements en 1914-1918, puis le trafic se raréfiera. Elle deviendra friche à partir de 1977 pour être réhabilitée sur une initiative privée en 1991, pour devenir d’abord le siège d’une agence de communication. Elle abritera depuis septembre 2009 la division web du groupe Provost.
Les transports

Outre la modernisation de ses routes qui sont progressivement pavées, Roncq bénéficie dès 1877 du passage de la ligne de chemin de fer Tourcoing-Menen acheminant les matières premières et les ouvriers vers les usines textiles.
La ligne de tramway électrique Wattrelos-Tourcoing s’étend progressivement par Roncq vers Halluin en 1925. Un bureau de poste est ouvert en 1876 et un bureau télégraphique l’année suivante.
En 1956, le tramway qui portait la lettre R est remplacé par la ligne de bus n°12 menant de la Grand’place de Tourcoing à la gare d’Halluin, en passant par le Brun Pain, le Pied de- Bœuf, le Blanc-Four, Roncq Place, Faubourg de Roncq, Halluin Mairie. En 1968, certains services sont déviés vers le centre commercial via le Dronckaert. La ligne 12 devenue ligne 22 en 1975 rejoint le centre hospitalier de Tourcoing en 1989, Menen en 1998 et le quartier du Lierre en 2000.
 
Tramway













collection D. DELBECQUE
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Les brasseries

Roncq a vu aussi la naissance de brasseries et de moulins. Subsiste la brasserie Torris, construite en 1881 au Faubourg par la famille Lannoy. Elle a été vendue à la famille Torris qui la fit prospérer jusqu’en 1917, date à laquelle il y eut cessation d’activité suite à la réquisition des cuivres par l’armée allemande. En 1938, la brasserie transformée en négoce de vins prit le nom de Caves de Flandres et en 1955 le nom de Caves Filez. Aujourd’hui, le site est baptisé l’Amphytrion pour l’organisation de réceptions. Il abrite aussi un caviste (Cuvelier-Fauvarque).
Rue du Billemont, la brasserie Torris, datant de 1860, a été démolie il y a quelques années pour laisser la place à un immeuble résidentiel.
 
Les cafés et estaminets

Si Roncq comptait en 1910, plus de 200 cafés et estaminets s’adjoignant le plus souvent une activité secondaire, trois établissements sont encore vraiment des cafés d’hier et d’aujourd’hui :

Le New’s Pub aujourd’hui, le Cabaret du Blanc-Four ou Café du Blanc-Four ou encore Estaminet du Blanc-Four pour hier : ce café est déjà existant sur les plans cadastraux de 1720, à l’angle des rues de Tourcoing et de Lille.
L’auberge de la Tête d’Or dont la première date connue de sa longue existence est 1590, au coin des rues de Lille et des Arts. On y logeait "à pied et à cheval"... Des chambres, une bonne table, une écurie... c’était aussi un relais de poste. Les bâtiments étant trop vétustes, l'îlot de la Tête d'Or a été détruit en 2003. Depuis, la place Jean-Jaurès s’est épanouie sur cet emplacement au cœur du Centre-Bourg.
La brasserie L’Estaminet a pris place dans un café très ancien créé en 1870, endroit où s’arrêtaient les chevaux du relais de poste. Il s’est appelé auparavant le Café de la Poire d’Or et le Café de la Mairie.
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Les agriculteurs


On recensait une soixantaine d’exploitations agricoles à Roncq en 1910, on en compte aujourd’hui huit dont les noms ont traversé les siècles, les Antoine, Cuvelier, Catteau, Lepoutre, Hennion, Couvreur, Piat.
Les maisons à l’otil

A Roncq, depuis très longtemps, on tisse la laine, le lin et le chanvre. Il s’agit au début d’un complément au travail agricole. En 1608, on compte 6 tisserands à domicile, un avec trois métiers, deux avec deux métiers, trois avec un seul. L’activité du tissage à la main reste très longtemps prospère.
Vers 1880, on recense encore 600 métiers dans les fameuses « maisons à l’otil », ces petites maisons basses où les familles sont employées à façon par les fabricants locaux. Ainsi, les Delahousse, maîtres tisserands, font construire une cinquantaine de maisons pouvant contenir jusqu’à quatre métiers à tisser chacune. Fabricants et autres investissent alors dans l’immobilier ouvrier avec ces ensembles au profit de courées, construits perpendiculairement à la rue.
Avant la Première Guerre Mondiale, il y a 39 rangées de ces maisons à Roncq, de la plus petite (2 maisons) cité du Merle à la plus longue (24 maisons) cité Couvreur. Ce type de maison était composé d’une pièce d’habitation et d’un ouvroir où était installé l’otil (métier à tisser).
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Le textile à Roncq

L’industrialisation du textile à Roncq commence en 1881 lorsque la famille Leurent édifie au lieu-dit « La Vallée », à proximité de la ligne de chemin de fer ouverte deux ans plus tôt, une filature mécanique de lin de plus de 1000 broches que complètera trois ans plus tard un tissage de lin.
En 1886, près de 70% de la population de Roncq travaille dans l’industrie textile. Mais le secteur agricole emploie encore près de 15% des Roncquois. Dans l’entre-deux-guerres, les 6 usines textiles de la commune comptent encore 1300 ouvriers (ils étaient plus de 1500 dans les 4 grandes usines de Roncq avant le premier conflit mondial). En 1955, le travail textile occupe encore 1402 salariés. Puis le secteur entame son déclin, toutes les usines ferment progressivement leurs portes. Aujourd’hui, une seule subsiste : l’entreprise Catry qui produit des tapis de grande qualité dans les locaux historiques des anciens établissements Delahousse, rue des Frères-Bonduel.
 
L’hippopotame rose

Aussitôt installé à la surface de l’étang près de l’Espace Jeunes Jean-Albert-Bricout, cet animal en résine est vite devenu l’emblème du site naturel de la Vallée dédié aux loisirs familiaux. Sa couleur rose fuschia frappe notre imaginaire et nous invite au rêve à la manière des contes africains.

L’hippopotame rose de Roncq nous invite à la culture et au dialogue des civilisations, à la préservation de la planète et à la fraternité active entre les Hommes du Nord et ceux du Sud. Depuis 1988, Roncq coopère avec le village de Sélinkégny au Mali.
Hippopotame
 
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