Roncq : Immersion dans les grandes familles de l’âge d’or du textile
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25 Septembre
Immersion dans les grandes familles de l’âge d’or du textile
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Immersion dans les grandes familles de l’âge d’or du textile
Yves Decroix, cinéaste, artiste plasticien, ancien professeur aux Beaux-Arts de Dunkerque, a présenté le 24 septembre en soirée à la salle Gérard-Philipe, le second opus d’une saga consacrée à l’âge d’or du textile à Roubaix-Tourcoing mais aussi dans la vallée de la Lys. Après un 1er volet estampillé « On s’est vidé du sang textile » qui donnait la parole aux ouvriers et aux syndicats des filatures, tissages et teintureries, ce second acte met en scène les grandes familles textiles. Une immersion émouvante et nécessaire pour restituer la mémoire de ce patrimoine industriel et social et qui n’épargne aucune facette de ces grandes familles catholiques et traditionnelles avec son lot de mariages arrangés, ses vastes demeures ostentatoires, ses « cousinades » reflétant l’unité familiale inébranlable mais aussi leur sens des valeurs, de l’éducation morale (ensembles scolaires Saint-Rémi à Roubaix, Sacré-Cœur à Tourcoing) et un paternalisme social, voire sociétal, qui a fait éclore des avancées majeures : 1% logement, allocations familiales, jardins familiaux…
« J’ai vécu mon enfance et ma jeunesse au cœur du textile, dans le quartier du Flocon à Tourcoing », confie Yves Decroix, cinéaste passionné de l’association « Dock 54 », « et les industriels sont partis ou ont ouvert des filatures ailleurs, en Belgique, au Portugal… Il fallait que je laisse un témoignage de ce que j’ai vécu ». Deux ans de patience et de persévérance ont concrétisé son vœu le plus cher. Avec toute l’équipe de techniciens et cinéastes de « Doc 54 », il a pris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre de ces grandes familles tutélaires dont les noms résonnent encore aujourd’hui avec fierté : Masurel, Prouvost, Lepoutre, Motte, Pollet, Tiberghien, Flipo, Duprez, Rammaert, Catrice… « 40 ans après, ils ont accepté d’évoquer ce passé si glorieux », remarque un brin étonné Yves Decroix, « le fait d’avoir été correspondant de presse à Nord Eclair m’a beaucoup aidé pour laisser la parole à ces anciens patrons du textile, la laine à Tourcoing, le coton à Roubaix ».
Implacable dans sa justesse historique
Le film a été tourné comme un récit structuré, fouillé, rythmé par un texte ciselé, implacable dans sa justesse historique. Quelques notes de musique envoûtantes et des images d’archives rappellent à la manière d’un métronome le temps passé de cet âge d’or du textile, et de son inexorable déclin illustré par des clichés de friches à l’agonie. La lainière de Roubaix – « la ville aux 1000 cheminées » où quand un enfant naissait dans les grandes familles, on construisait une usine - a été le symbole de cette puissance industrielle avec ses 8000 salariés et un dirigeant devenu le plus grand patron de presse du 20ème siècle (Jean Prouvost), avant de décliner et de fermer en 2000 quand il ne restait plus que 223 salariés – essentiellement des femmes - dans ses entrailles.
Les représentants de ces grandes familles se souviennent « des cohortes d’ouvriers flamands se déplaçant à vélo par tous les temps pour venir travailler dans nos filatures où ils déjeunaient avec du pain et du saindoux ». L’humain affleure dans les témoignages ou plutôt les confidences. Ces grandes familles textiles se sont aussi beaucoup cherchées, construisant des demeures à l’architecture ostentatoire après les années 1860 avant de revenir à des maisons bourgeoises plus conventionnelles, elles ont comme pour la famille Masurel couvert l’histoire d’une empreinte durable (plus de cinq siècles) ou émergé à la faveur d’une opportunité comme les Prouvost, cultivateurs au 16ème siècle à Wasquehal avant l’implantation d’un 1er peignage de laine en 1850.
La saga des grandes familles textiles du Nord n’a pas fini de dévoiler ses secrets, ses us et coutumes. Le film d’Yves Decroix nous permet de préserver cette mémoire régionale si précieuse et de comprendre que cet âge d’or était appelé à disparaître quand la concurrence mondiale s’est mise à l’œuvre avec, pour commencer, un épisode anecdotique mais tellement concret de la production des Jeans à Gênes… On espère désormais voir la diffusion de ce film dans les collèges, les lycées et dans les médias. Pour pérenniser une mémoire collective comme le souhaite ardemment Thibault Tellier, Adjoint à la Culture: "où en sommes-nous de cette mémoire qui est en train de disparaître? Ces témoignages des grandes familles du textile nourrissent la réflexion, le débat. Il faut faire vivre cette histoire, y compris à Roncq qui a été une ville textile". (Texte et photos Patrick Bonte)
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